Les Amis du Tiers-lieu

Cette page est destinée à accueillir les témoignages des animateurs-trices d'atelier artistique ou des journées de réflexion.

Atelier d'aquarelle de Lysiane Sergent du samedi 13 septembre 2020

Le 13 septembre 2020, le ventre de la baleine accueillait mon premier atelier d’aquarelliste…un baptême du feu et de l’eau, une expérience délicieuse en lieu sûr, avec cinq peintres en herbe et des hôtes chaleureux, Valérie et Christophe. 

Ouvrir « son sac de trucs », transmettre des notions de base, inviter les participants à se jeter à l’eau et à goûter au plaisir de peindre … un atelier très dense, pimenté par des échanges, des éclats de rire et l’impression que le temps s’était à la fois suspendu et accéléré.

Cette aventure était d’autant plus exaltante qu’elle s’inscrivait après le confinement du printemps 2020, qui nous avait bouleversé et profondément attristé. C’était une opportunité pour quitter nos univers bridés par la pandémie et réinvestir des temps de convivialité et de création, indispensables à nos vies.

Depuis lors, la crise est revenue sur le devant de la scène, avec ses ribambelles d’ombres ….

Gageons que nous puissions en juin prochain nous retrouver dans le ventre de la baleine et plonger ensemble dans « l’outremer »…à la recherche de nourritures essentielles.

Lysiane Sergent, aquarelliste

Conférence de Karen Fichelson du samedi 27 février 2021

" Venir Dans le ventre de la baleine a été une aventure. 

La route fut longue, sous couvre-feu, révélant ce monde de la nuit que nous ne connaissions plus, sous contrôle, interdit. 

Nous allions vers l’inconnu, enfin !, là où mes déplacements depuis un an sont terriblement connus, contrôlés, attestés, prévus et prévisibles. Alors ce moment de rencontres, sorte de parenthèse dans la période, a été une bulle d’air; 

L’inconnu existe donc encore… 

Et nos échanges avec les différents protagonistes de la journée ont remis en mouvement mon cerveau ensuqué.

Et le lieu, quel lieu ! un château tout blanc, le soleil aveuglant, la musique classique de la voisine dans la cour, l’odeur des orangers, les vins savoureux à la pause du midi, l’antre de la Baleine où le temps se suspend."

Karen Fichelson, comédienne

Conférence de Alain Bron du samedi 27 février 2021

Il est des conférences qu'on redoute, des publics qui n'attendent qu'un mot pour l'estocade, des ambiances si pesantes qu'on a envie de s'enfuir à toutes jambes. 

Rien de tout cela ne s'applique au tiers-lieu "Dans le ventre de la baleine". 

Tout d'abord, l'ambiance : dans le ventre de la baleine, on s'y sent bien, on voudrait y flâner, y respirer, y rester en résidence beaucoup plus longtemps. La convivialité n'y est pas pour rien, puisqu'on découvre les autres par les mets et les vins qui savent ce que l'humanité veut dire. 

Il y a aussi une écoute exceptionnelle. Pour deux raisons : d'une part les auditeurs sont bienveillants parce qu'ils sont eux-aussi exceptionnels, d'autre part parce que le maître des lieux a bien préparé tant les conférences que les conférenciers. On y parle donc non pas avec la certitude de surplomber, mais avec la certitude d'échanger et de se grandir.

Il y a enfin l'environnement, les bords apaisants de la Loire, le château, comme planté pour durer, les jardins et les douves qui rappellent la terre sans laquelle nous ne serions rien.

Merci à Christophe pour son hospitalité.

Alain Bron. écrivain

Conférence de Jean-Marc Lachaud du samedi 27 février 2021

Château d’Avaray. Tout au long de l’année, régulièrement, pour un ou deux jours, l’appartement de Christophe Pittet devient ce qu’il nomme un « tiers-lieu culturel ». A partir de thématiques variées, mais toujours en résonnance avec ce qui interroge notre époque, des artistes, des écrivains, des philosophes, des sociologues… (la liste n’est pas exhaustive) sont invité-e-s à présenter et à développer leur pensée. Dans cet espace accueillant, animé avec bienveillance par Christophe Pittet, se construisent en toute liberté (en toute simplicité aussi) de précieux instants de transmission, de partage et de discussion. En ce sens, Christophe Pittet assume le bienvenu rôle de passeur (que son site prolonge en mettant en ligne textes, documents et captations vidéo des interventions). Le public, forcément restreint (ce qui favorise la circulation de la parole), est divers, attentif et curieux. La convivialité (comme lors du repas pris en commun), l’écoute et l’échange caractérisent l’esprit de telles journées si nécessaires aujourd’hui face aux incertitudes du devenir du monde.

Cela a donc été pour moi une belle expérience que d’entrer Dans le ventre de la baleine.

Jean-Marc Lachaud, philosophe

Journée de réflexion avec Michel Maffesoli du samedi 13 mars 2021

En ces temps de détresse théorique où il est fréquent de se contenter de ce que le poète nomme, avec justesse, le « clapotis des causes secondes » , il est heureux de trouver des lieux où, contre vents et marées, s’élabore une pensée attentive à l’essentiel.

C’est bien cela que l’on ressent dans ce Tiers-lieu qu’est : « Dans le ventre de la baleine » . 

Ce qui y prédomine, plus que des réponses toutes faites et quelque peu formatées, c’est bien de rendre attentif au questionnement. Comme le rappelle Aristote: « savoir poser bellement des questions », c’est le début de la sagesse. Ce qui nous arrache aux lieux communs de la bien-pensance. 

Le chant de la baleine , dit-on rend heureux . Le plaisir d’une authentique pensée est le plus essentiel. C’est bien cela que l’on éprouve « Dans le ventre de la baleine » !

Michel Maffesoli, sociologue

Journée de réflexion avec Christian Godin du samedi 29 mais 2021

29 mai 2021. Une journée d’enchantement placée sous le signe d’une série de paradoxes et de contrastes bienveillants. Un château surgi comme une apparition et qui finit par faire oublier la centrale nucléaire toute proche, que l’on découvre d’abord en arrivant au village. Des moments et des participants de nature à redonner un sens fort à ce terme galvaudé de convivialité. Un tiers-lieu, qui, démentant son nom, se donne comme primordial. Et un ventre de baleine qui, au lieu de symboliser la mort (Jonas) ou la gestation (Pinocchio), signifie plutôt la résurrection et la naissance - après les trois confinements, qui avaient annulé mes rendez-vous, Avaray a représenté ma seconde sortie sociale. 

Enfin, quel paradoxe que de parler de la disparition de la beauté dans un lieu qui est le mieux fait pour la démentir ! 

Et, puisque la nourriture terrestre ne va pas sans l’intellectuelle, comment ne pas mentionner la très bonne cuisine du déjeuner pris ensemble, agrémenté des meilleurs vins suisses apportés par l’hôte de ces lieux ? 

 

Christian Godin, philosophe.